30 mai 2011

Communiquer! Les bibliothécaires, les décideurs et les journalistes (sous la direction de Jean-Philippe Accart). Villeurbanne : Presses de l’ENSSIB, 2010.

Interpellé sur Facebook par les rédacteurs en chef d’Argus pour rédiger une recension sur ce recueil et influencé par ma formation en communication, j’avais beaucoup d’attentes envers ce document. Le résumé sur le site de l’éditeur indique que le livre traite de la communication avec les élus, les décideurs et les journalistes, plutôt qu’avec les usagers des bibliothèques ou des services documentaires. Approche rafraîchissante, surtout quand on la combine à un passage de l’introduction mentionnant que l’ouvrage veut « donner des clés, des pistes, des méthodes pour une communication efficace » (p. 10).

Concrètement, le livre est divisé en quatre parties, qu’on peut présenter du point de vue d’un bibliothécaire qui veut communiquer pour exister, communiquer pour être visible, savoir communiquer et communiquer pour convaincre. Cette organisation du contenu permet au lecteur de sélectionner la partie qui l’intéresse, permettant ainsi aux bibliothécaires québécois d’éviter la deuxième partie sur la communication avec les décideurs, trop centrée sur le contexte administratif français. Ce que confirme l’avis de Claude Trudel, qui accole cette caractéristique à l’ensemble du document, tout en y accordant une valeur pour la francophonie en général. Par contre, la troisième partie sur les outils de communication pourrait être remplacée par un livre général qui les introduirait plus efficacement. Le lecteur se questionnera aussi sur la quatrième partie, qui regroupe des textes décrivant des situations, comme l’histoire de la création de l’IABD ou l’historique du prix du marketing de l’IFLA, qui s’éloignent du côté pratique annoncé en introduction.

De plus, on ne retrouve pas de textes qui amènent une réflexion sur les effets réels de la communication. Trop souvent, en effet, les néophytes de la communication perçoivent le message transmis à l’auditoire à l’aide des outils comme une aiguille hypodermique porteuse d’un message qui aboutira automatiquement dans l’esprit du récepteur. On n’y retrouve pas non plus de critique de la surabondance de communication. Bien sûr on couvre et décrit le plan de communication, mais on ne se questionne pas à savoir si le fait de trop communiquer pourrait avoir un effet néfaste sur l’objectif de l’émetteur ou la réception de son message.

Par contre, un élément positif du recueil met de l’avant que le bibliothécaire n’est pas nécessairement le meilleur acteur pour réaliser la communication et qu’il est possible de confier ce travail à un tiers, comme une agence, permettant ainsi au bibliothécaire de consacrer son temps aux tâches reliées à la bibliothéconomie.



  • Jpaccart

    Bonjour,

    Pour répondre à votre commentaire sur cet ouvrage que j’ai dirigé:

    - la partie « trop centrée sur la réalité française » n’est à mon avis pas à éviter comme vous le dites par les lecteurs québecois: un décideur, élu ou pas, reste un décideur, quel que soit le pays. Il y a quelques recettes bonnes à prendre me semble-t-il…

    - je ne comprends pas votre remarque : « la troisième partie sur les outils de communication pourrait être remplacée par un livre général qui les introduirait plus efficacement », cela reste abscons pour moi

    - l’IABD et l’IFLA sont là par rapport aux expériences données, et donnent des exemples de marketing appliqués aux bibliothèques, ce qui est somme toute de la communication. Et c’est toujours bien d’élargir son point de vue, souvent étriqué, par un aspect plus ouvert et international

    - il n’est pas question ici de parler de la surabondance de la communication, puisque justement les bibliothèques ne communiquent pas suffisamment ou on ne leur apprend pas comment le faire. C’est tout l’objet du livre…

    - le dernier § est juste, c’est tout à fait ce que nous voulions faire passer.

    Cordialement,

    JP Accart

  • http://sylvierdoc.wordpress.com/2011/06/03/ouvrage-communiquer-les-bibliothecaires-les-decideurs-et-les-journalistes/ Ouvrage : « Communiquer ! Les bibliothécaires les décideurs et les journalistes  « Veille documentaire

    [...] ♦ 30 mai 2011, Patrick M. Lozeau de la revue ARGUS (revue québécoise des professionnels de l’info-doc) : ICI [...]

  • http://pmlozeau.ca Patrick M. Lozeau

    Bonjour M. Accart,

    Ce que je tentais d’exprimer en écrivant : « la troisième partie sur les outils de communication pourrait être remplacée par un livre général qui les introduirait plus efficacement », c’est que si quelqu’un se questionne sur l’utilité pour lui de lire la troisième partie, il serait préférable de consulter un document plus général décrivant les différents outils de communication que de se référer à ce chapitre.

    Dans un contexte de surabondance de communication, je ne crois pas que la meilleure stratégie soit justement de tenter d’en ajouter. J’ai notamment « Arrêtez de communiquer, vous en faites trop ! » d’André-A Lafrance en tête en affirmant cela.
    http://www.decitre.fr/livres/Arretez-de-communiquer-vous-en-faites-trop-Pour-un-developpement-durable-des-reseaux-de-communication-dans-l-entreprise.aspx/9782923446158Cordialement,Patrick M. Lozeau