20 janvier 2011
Je le confesse : je ne suis pas une « twitteuse » de la première heure. Ni même de la deuxième. J’ai découvert le site de microblogging sur le tard, j’ai fait un temps partie des « twittosceptiques » et, encore aujourd’hui, dissipée et « bruyante » comme je le suis, on pourrait difficilement me qualifier de contributrice modèle.
Cela étant dit, je m’y suis faite – au point de pratiquer à présent Twitter au quotidien. Et pour la place qu’il est amené à prendre dans le monde de l’information, pour ses possibilités comme pour les défis qu’il pose en termes de gestion de l’information, j’estime aujourd’hui qu’il mérite, voire qu’il nécessite d’être étudié, compris, maîtrisé, en un mot investi par les bibliothécaires.
Évidemment, si le mot de passe pour accéder à votre courriel est « 123456 »1 et que vous vous demandez présentement si vous ne devriez pas vous « brancher sur ce Swiffer que même Marc Cassivi vante maintenant »2, il est possible que la barre soit un peu haute pour vous. ;-) Mais ne vous laissez pas non plus rebuter par l’aspect hermétique de la chose : Twitter est beaucoup plus accessible qu’il n’y paraît au premier abord.
Tout comme le journaliste Pierre Maisonneuve, tel que cité par le collaborateur d’Infoman MC Gilles, vous vous demandez à quoi et à qui peuvent bien servir « ces… comment vous les appelez là? ces, ces « choses » sociales là… ces, ces groupes là… »3? Bonne question.
En peu de mots, Twitter sert à diffuser de courts messages (les tweets, ou gazouillis) à une liste de contacts (les followers, ou abonnés) ayant décidé de suivre notre compte, ou encore à suivre les gazouillis envoyés par les contacts auxquels nous-mêmes sommes abonnés (following, ou abonnement).
Hormis un nom propice à inspirer d’innombrables jeux de mots, Twitter est surtout connu pour deux choses : le maximum de 140 caractères imposé aux gazouillis et le buzz qu’il inspire depuis environ un an. En nous en tenant uniquement à la dernière année, l’impact qu’il a eu dans la couverture de la situation sociopolitique iranienne ayant suivi l’élection présidentielle de 2009, de même que dans celle du séisme survenu en Haïti le 12 janvier dernier, a fortement contribué à son essor. Le fait qu’un nombre grandissant de médias de masse prennent Twitter d’assaut (un phénomène particulièrement frappant au Québec depuis l’automne 2009) joue sans doute aussi. Mais ce serait une erreur de penser que la popularité du petit oiseau bleu ne repose que sur son rapport à l’actualité et aux médias.
Les possibilités d’utilisation du microblogging sauce Twitter sont pour ainsi dire infinies. Côté bibliothéconomie et gestion de l’information, l’outil ne perd rien de sa polyvalence. Énumérer toute la panoplie de fonctions bibliothéconomiques qu’il est possible d’exécuter via Twitter n’étant pas nécessaire ici (une simple recherche dans Google vous renseignera mieux que moi à ce sujet), vous devez savoir que c’est celui des médias sociaux qui est le plus susceptible de vous faciliter l’accès à votre clientèle, quelle qu’elle soit. Marketing, référence en ligne, diffusion des actualités, activités et autres brèves potentiellement utiles pour vos clients… le tout dans la simplicité. Mais l’intérêt de Twitter ne se limite pas à cela, au contraire! La forme même de Twitter facilite la veille et le partage d’informations, de même que l’enrichissement de son réseau de contacts – qu’il s’agisse de collègues, d’acteurs du domaine de la culture, du livre, de l’éducation ou des médias.
Sur Twitter, règle générale, on ne cherche pas, c’est l’information qui nous trouve. Il est évidemment possible de lancer des recherches sur des sujets particuliers, mais il s’avère en fait plus intéressant de se fier au hasard et à ses contacts pour faire de belles trouvailles. Et dans le but de tâter de bien des médias, et plus largement de sources d’information en parallèle, la fréquentation régulière de Twitter m’a permis d’observer que sa valeur ajoutée réside non pas tant dans la possibilité d’être tenu au courant de ce qui se passe dans les milieux qui nous intéressent, mais plutôt dans celle d’avoir toujours une longueur d’avance en matière d’information et d’actualité. En matière de veille, cette caractéristique peut s’avérer très rentable.
Quant aux défis posés par Twitter, la nature même de plusieurs d’entre eux est propre à stimuler bien des bibliothécaires… À titre d’exemple, la question de la citation des sources est un enjeu que j’ai vu soulevé à différentes reprises sur le réseau. Le repérage d’information vous préoccupe autant que moi? Le système d’indexation développé par les utilisateurs de Twitter eux-mêmes, basé sur l’ajout d’un # devant chaque mot-clé (hashtag, dans le jargon de Twitter), vous intéressera.
Vous êtes curieux? Vous aimeriez bien tâter de ce mystérieux bidule, vous aussi? Et pourquoi pas! Sachez quand même que les premiers rapports avec Twitter sont bien souvent déconcertants, si ce n’est carrément frustrants. Il faut se donner le temps d’apprivoiser le langage propre à ce média, choisir avec attention les comptes qu’on suivra, apprendre à distinguer les différents types de gazouillis qui peuvent être transmis ou reçus. Regrouper ses abonnements en listes thématiques dès le début facilitera aussi leur gestion lorsque leur nombre augmentera.
Enfin, si je n’avais qu’un seul conseil à donner à des débutants sur ce média, ce serait de ne pas hésiter à consulter vos collègues ou connaissances plus au fait de la chose. Quels sont leurs trucs, quel est leur avis sur ces outils qui s’utilisent en complément de Twitter, quelles utilisations en font-ils eux-mêmes? Après tout, nous sommes bibliothécaires… Partage et diffusion d’information devraient nous être familiers! ;-)
Il est de tradition sur Twitter de profiter du vendredi pour partager ses comptes coups de cœur avec son réseau. Vous me permettrez d’user de cette tribune pour y aller d’un #FollowFriday un peu particulier… Que vous soyez déjà sur Twitter ou que vous songiez à vous y mettre, voici donc quelques suggestions de contacts à suivre. Faute d’espace, je me suis fait violence, limitant ma sélection à 16 comptes. Sur maintenant plus de 400 auxquels je suis abonnée, vous comprendrez que c’est tout un défi!
Un écrivain? @nicolasdickner – une maison d’édition? @Courte_echelle – une librairie? @LibrairieMonet – un média? @lactualite – un journaliste? @DominicArpin – en éducation… @Infobourg – sur les nouveaux médias… @martinlessard – pour rire! @mcgilles – le must de la veille bibliothéconomique? @Bouillon – une bibliothécaire française? @cgenin – …et, last but not least, six (seulement six? argh!) bibliothécaires d’ici : @bibliofusion, @Bibliomancienne, @jfcusson, @ljodoin, @pmlozeau, @vincentac.
Bonnes découvertes!
Marie Hélène Labory est diplômée de l’EBSI depuis 2003. Elle a travaillé dans divers milieux, dont trois ans en bibliothèque universitaire. Elle œuvre maintenant en bibliothèque scolaire. Vous pouvez la rejoindre sur Twitter : @mariehlabory.