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20 janvier 2011

Une mine de ressources à explorer pour le voyageur immobile

Le site Web de BAnQ donne accès à une vaste collection de ressources électroniques.

Apprendre, se divertir, s’émouvoir, se souvenir, écouter, regarder : voilà ce qu’offrent les nombreuses ressources électroniques du site Internet de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). Et cela explique sans doute la popularité croissante du portail Web de BAnQ, qui a enregistré une hausse de fréquentation de 21 % en 2009-2010. Cela totalise plus de 96 000 visites chaque semaine! Plus de 81 % de ces consultations sont effectuées par des usagers qui ne se trouvent pas dans l’un des 11 édifices de l’institution. Pour la même période, les ressources électroniques ont connu une hausse d’utilisation de 35 %.1 La part du budget d’acquisition réservée aux ressources électroniques a également augmenté de près de 10 % au cours des cinq dernières années, pour atteindre 30 % en 2010.

Les abonnés de tout le Québec ont la possibilité de consulter plus de 200 bases de données sur une foule de sujets (généalogie, voyages, apprentissage de langues, etc.) dans des formats variés (textuel, sonore ou visuel). L’accès à ces ressources en ligne est gratuit. Il faut toutefois avoir un compte, que l’on peut créer en ligne par Internet. Sur les 270 000 abonnés de BAnQ, près de 72 000 sont abonnés aux services à distance uniquement.

L’abonnement aux services à distance à accès restreint est réservé aux résidants du Québec pour un usage personnel, comme le stipule l’avertissement des conditions d’utilisation. Lorsque l’usager s’est identifié, l’authentification est valable pour tout le portail de BAnQ, et l’usager n’a pas besoin de répéter le processus pour accéder aux différentes banques de données.

Ces ressources grand public sont principalement en anglais, car les fournisseurs anglo-saxons permettent plus facilement l’accès à distance. Le travail pour convaincre les éditeurs québécois et français d’offrir l’accès à distance est beaucoup plus laborieux, comme l’indique Stéphanie Gagnon, chef de service pour les acquisitions et le développement de la collection de prêt et de référence. Maryse Trudeau, directrice du service, renchérit : « Plus on est proche du producteur, plus c’est difficile d’avoir les accès à distance. »

La rubrique « Journaux québécois, canadiens et étrangers » permet à la fois de faire des recherches et du bouquinage dans plus de 20 000 titres. Les icônes à la droite des ressources indiquent clairement lesquelles sont disponibles sur place et à distance. Une autre icône décrit succinctement la ressource et le contenu. On peut également chercher un journal ou une revue spécifique et en connaître le corpus. Si l’on ne connaît pas le nom de la publication, on peut butiner par région.

Selon les sources disponibles, l’abonné a le choix d’afficher le journal en format PDF ou bien de faire une recherche plus pointue sur une interface de recherche. Malheureusement, certaines publications québécoises comme La Presse ou Le Devoir, disponibles sur Eureka.cc, ne peuvent être consultées que sur place. L’édition courante du quotidien torontois The Globe and Mail, par contre, est disponible en format PDF. Comme l’explique Stéphanie Gagnon, les journaux en ligne sont particulièrement utiles pour les membres des communautés culturelles et les nouveaux arrivants. Par exemple, un immigrant russe peut lire l’édition du jour de La Pravda dans sa langue maternelle.

BAnQ propose également l’accès à plus de 44 000 livres électroniques et sonores. Actuellement, l’offre en français est plutôt pauvre, soit environ 15 % des ressources disponibles. Au cours de la prochaine année, BAnQ veut augmenter l’offre de contenu québécois et les éditions récentes, a indiqué Stéphanie Gagnon. Malgré ces restrictions, il est possible d’écouter Dany Laferrière lire son propre roman L’énigme du retour grâce à la banque de données NumiLog. Mais c’est comme à la bibliothèque : s’il n’existe qu’un exemplaire virtuel de L’énigme du retour, un seul usager à la fois peut le télécharger!

Les ressources touchent une foule de sujets (économie, affaires, littérature, sciences sociales et humaines, technologies de l’information, génie) et proposent également des ouvrages de référence, comme les dictionnaires et les encyclopédies, utiles pour valider les informations glanées dans Wikipédia!

Patrimoine et Archives du Québec

BAnQ décrit ainsi son plan pour la mise en ligne de la collection numérique patrimoniale et archivistique :

…un ambitieux programme de numérisation qui vise l’ensemble du patrimoine documentaire publié ou archivistique produit au Québec depuis le XVIIe siècle ou d’origine étrangère et relatif au Québec. Toutes les catégories de documents sont touchées : imprimés et manuscrits, photographies, enregistrements sonores, etc.1

« On voudrait tout préserver pour la postérité et tout numériser pour la diffusion », lance en souriant Sophie Montreuil, directrice de la recherche et de l’édition, tout en reconnaissant qu’il s’agit d’un naïf objectif d’exhaustivité. La numérisation est effectuée en fonction des budgets, des moyens disponibles et de ressources humaines et techniques limitées, naturellement. Mais cette recherche est faite aussi selon certains principes de sélection : plutôt que de fonctionner par décennie, on conçoit des ensembles thématiques, comme des affiches et des programmes de théâtre, qui seront utiles à la fois au chercheur et à l’usager en général.

La banque de données Pistard est l’outil de recherche à utiliser pour chercher les documents d’archives du portail de BAnQ. Les collections numériques comprennent plus de 10 millions d’objets : des cartes postales, des cartes et des plans, des annuaires municipaux, des archives d’écrivains, des archives civiles et judiciaires, sans compter les documents sonores et visuels.

Pour la seule année 2009-2010, la collection numérique sur Internet s’est enrichie de 1,8 million d’objets (pages de documents, images, films, etc.), dont 46 nouveaux journaux, 3 000 illustrations du XIXe siècle, 2 800 cartes et plans, 16 000 cartes postales et 94 films du cinéaste Arthur Lamothe (Chevalier de l’Ordre national du Québec en 1999), qui a consacré la majeure partie de son œuvre à la culture amérindienne.

Les statistiques révèlent que la majorité des consultations des documents d’archives se font à distance. Ainsi, pour l’année 2009-2010, sur un total de 662 180 pages consultées, 631 093 pages des Archives des notaires ont été affichées à distance. Pour les Registres de l’État civil, il s’agit de 9 880 pages consultées de l’extérieur, sur un total de 10 310.

La collection numérique de Pistard comprend plus de 944 000 images. Après les documents de généalogie, les photos sont les plus consultées, d’expliquer en substance Hélène Cadieux, directrice de la direction du conseil et de l’action régionale. Par exemple, le fonds Conrad-Poirier (1912-1968) permet de voir le Montréal des années 1930 et 1940, tandis que le fonds Point du Jour contient des photos aériennes de tout le Québec. « Il s’agit d’un énorme travail de préparation intellectuelle et de description, qui peut être trois à quatre fois plus long que le processus de numérisation », reconnaît Hélène Cadieux.

Sous le thème « Généalogie », les férus d’histoire seront particulièrement intéressés par Notre mémoire en ligne : « Une bibliothèque numérique ambitieuse et en constante évolution qui comptait, en 2009, trois millions de pages tirées du patrimoine imprimé canadien, depuis l’époque des premiers colons européens jusqu’au début du XXe siècle. »2 Il s’agit d’une production de Canadiana.org.

Le portail présente aussi des parcours thématiques sur des personnalités et des événements, comme Claude-Henri Grignon, Expo 67 ou le tramway à Québec. Il donne également accès à des banques de données d’enregistrements musicaux de tous les styles, à écouter en ligne. La section Archives radiophoniques, en collaboration avec la Société Radio-Canada, contient des extraits sonores de personnalités qui ont marqué l’histoire du Québec et du Canada. Pour sa part, la section Musique permet d’écouter plus de 2 000 enregistrements gravés entre 1900 et 1952. On effectue la recherche en fouillant dans les divers index (titre, date, interprète, sujet, parolier, etc.).

Cartes et plans

La collection des cartes et plans, qui compte plus de 9 500 images cartographiques du Québec, est l’une des plus populaires du portail de BAnQ (près d’un million de consultations en 2009-2010). C’est une mine de renseignements pour les historiens, les géographes, les architectes, les géologues et le grand public. Ces images témoignent de l’évolution du Québec depuis l’époque de la Nouvelle-France jusqu’à nos jours. Les cartes ont par exemple permis à un généalogiste de localiser un lieu-dit disparu, du nom de Chicot, dans la région de Saint-Eustache.

Au fil des années, le cartothécaire Jean-François Palomino a dû répondre à quantité de demandes variées et quelquefois inusitées… Entre autres exemples, un chercheur a examiné des cartes de Montréal durant la guerre de Sécession pour retracer le parcours d’un général confédéré. Et une carte ancienne a même été utilisée comme source pour l’exécution d’un tatouage!

Pour en savoir davantage sur les cartes et les plans, il faut consulter le dossier « Cartographier l’Amérique », publié en 2007 dans la revue À rayons ouverts, une publication gratuite de BAnQ que l’on peut également consulter en ligne.

Les publications gouvernementales du Québec

Les publications gouvernementales en ligne du Québec (PGQ) obtenues par le dépôt légal sont aussi disponibles sur le portail. La collection compte présentement plus de 21 000 titres et plus de 60 000 fichiers PDF. Le dépôt des publications en ligne, contrairement au dépôt légal des publications imprimées, n’est pas obligatoire, explique Nathalie Lussier, bibliothécaire pour le Dépôt légal des publications diffusées sur Internet. Plus de 300 éditeurs, parmi lesquels 150 ministères et organismes gouvernementaux, participent au dépôt des publications en ligne.

Des changements seront bientôt apportés à PGQ, qui deviendra PEQ (Publications en ligne du Québec). PEQ visera à donner accès à l’ensemble des publications gratuites de tous les secteurs d’activité (gouvernemental, parapublic et privé). Les futurs développements prévoient aussi le moissonnage (ou archivage) des sites Web québécois.

Une nouvelle interface de recherche

L’offre de ressources du portail de BAnQ est liée à la mission nationale de l’institution. Il permet de rejoindre toute la population québécoise, où qu’elle se trouve sur le territoire du Québec, relate Sophie Montreuil. Au cours de la prochaine année, BAnQ veut favoriser l’accès à la richesse de ses collections numériques par l’utilisation d’une interface de recherche qui permettra à l’abonné d’avoir une vue d’ensemble des diverses ressources à sa disposition. « La prochaine année sera une année charnière de transition pour les nouvelles interfaces », ajoute-t-elle.

À l’heure actuelle, le site de BAnQ compte plus de 30 interfaces de recherche, développées au fil des ans. Certaines sont appelées à disparaître. Il s’agit d’un effort de simplification pour que l’usager s’y retrouve plus facilement, précise Mme Montreuil.

Cette recherche globale, complète sa collègue Maryse Trudeau, présentera les résultats par source et permettra de donner à l’abonné un portrait global des ressources disponibles en ligne. « Ce sera une très grande amélioration au niveau de l’exploitation des banques de données. Nous avons beaucoup à offrir en termes de ressources documentaires. » Le grand défi, c’est la promotion et la mise en valeur des ressources de BAnQ.

Richard Coveney est bibliothécaire à l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal.

  1. BAnQ. 2010. [http://www.banq.qc.ca/collections/collection_numerique/index.html] (page consultée le 13 septembre 2010). []
  2. BAnQ. 2010. [http://www.banq.qc.ca/ressources_en_ligne/bd_revues_journaux/themes/index.html?theme=3] (page consultée le 13 septembre 2010). []